[PGRN] [Programme de recherche départemental]

Projet CG38 - PGRN piloté par Futur Antérieur

Titre du projet

Les scènes locales du risque

[ Rapport de synthèse pdf ] [ Rapport fina pdf ]

Type d'aléa
Droit, économie, sociologie et histoire du risque (risques inondation, mouvements de terrain, avalanche)
Année

1995

Mots-clés
Risques naturels, Gestion, Décision, Négociation, Incertitude, Acceptabilité
Champs disciplinaires
Sociologie, Histoire, Sciences politiques…


1) Organismes et auteurs


Organisme pilote
Futur Antérieur
Organisme(s) associé(s)
CERPE (Centre d'Etude et de Recherche sur les Pratiques de l'Espace), Lyon
Coordonnateur
Geneviève DECROP
Participants
Sociologues : Christine DOURLENS, Pierre VIDAL-NAQUET (CERPE – association loi de 1901) ; Historien : Denis COEUR


2) Contexte du projet


Site(s) d'étude
- Glissement de Séchilienne (vallée de la Romanche)
- Avalanche au Bourgeat (vallée de Chamonix)
- Inondations à Magland (vallée de l’Arve)
- Inondations du Drac et de l’Isère / Plaine de Grenoble (analyse de l’histoire de la maîtrise du risque inondation)
- Risque nucléaire à Saint-Alban (vallée du Rhône, département de l’Isère)
Contexte de l'étude

Ce projet vise à formaliser les diverses modalités de la négociation sociale des risques, mises en évidence par les travaux antérieurs des partenaires. Il est apparu en effet que les risques font l’objet, au niveau local, d’une multitude de négociations, ou plus exactement de transactions, qui contrastent singulièrement avec les procédures rationalisées élaborées au niveau central. Les chercheurs faisaient l’hypothèse qu’au travers de ces négociations se jouait le processus délicat d’acceptation sociale des risques, mais en quelque sorte silencieusement, à "bas bruit", à l’écart de la rhétorique quelque peu inflationniste qui entourait la doctrine publique en matière de prévention.

Etait alors posé, comme point de départ de la recherche, la notion de "scènes locales de risque", en tant qu’une telle notion pouvait rendre compte de ces multiples interactions entre acteurs et de ces négociations, mais d’emblée comme une notion-problème, dans la mesure où rien de tel ne s’offrait au regard de l’observateur et où aucune instance clairement identifiée ne pouvait prétendre au statut de scène épuisant la problématique de traitement des risques.
Programme plus vaste
CPER : Contrat de Plan Etat-Région Rhône-Alpes (programmes Risques naturels et Génie urbain et environnement)
Initiation du projet
Participation du PGRN
Montant du financement (k€)
12,20 k€ (80 kF)
Part du CG38 - PGRN
?%
(Co)-Financements
CPER Rhône-Alpes, EDF et Institut National de la Sécurité Civile
Appréciation du rôle du financement CG38 - PGRN
à préciser


3) Objectifs, méthodes et résultats

Objectifs
Formaliser les diverses modalités de la négociation sociale des risques, mises en évidence par les travaux antérieurs des partenaires : contraste entre les négociations au niveau local ("scènes locales du risque") et les procédures de prévention au niveau central ; problématique l’acceptation sociale des risques…
Méthodologie

Va et vient entre les observations de terrain faites par les chercheurs et l’élaboration théorique de la notion de scène locale de risque :

- Analyse du risque en tant que produit d’une histoire et analyse historique de son émergence jusqu’à la période contemporaine

- Analyse des modalités d’évolution, de transformations et de traitement des situations dites à risque

- Analyse des modalités de mise en scène d’un risque majeur : le risque de glissement de Séchilienne

- Analyse du fonctionnement de plusieurs scènes ordinaires : avalanche au Bourgeat (vallée de Chamonix), inondations à Magland (vallée de l’Arve), risque nucléaire à Saint-Alban (vallée du Rhône) et inondations du Drac et de l’Isère dans la plaine de Grenoble (analyse de l’histoire de la maîtrise du risque inondation)
Résultats

Elaboration théorique de la notion de "scène locale du risque", qui apporte de nouveaux éléments de compréhension à l’analyse de la gestion des risques et des processus de décision :

"Tout processus de construction sociale du risque ne donne pas lieu à des situations de crise structurelle. La plupart du temps, c'est de façon relativement peu conflictuelle, au travers d'une multiplicité d'ajustements et de transactions inter-acteurs, que les sociétés locales parviennent à mettre en place diverses modalités de traitement des risques. Il n'empêche. Les scènes ordinaires sont aussi des scènes fragiles. En effet, devant la difficulté de s'entendre sur les phénomènes de référence et sur les mesures aptes à les contenir, les acteurs ont tendance à régler cette question de façon tangentielle. C'est alors ici la procédure de décision qui joue un rôle essentiel plutôt que la décision elle-même. Faute de socle solide qui la fonde, celle-ci est alors toujours précaire et réversible. Les histoires qui se jouent sur les scènes ordinaires ne se terminent donc véritablement jamais..." (résumé en ligne sur le site de G. DECROP) – cf. Rapport de synthèse et Rapport final


4) Débouchés du projet

Utilisateurs finaux potentiels
Chercheurs et gestionnaires dans le domaine des risques naturels
Production scientifique
- Production de connaissances locales / régionales
- Production de connaissances théoriques
Produits délivrables
Rapport final
Partenariats
- Préexistant
- Qui se poursuit
Retombées du projet
à préciser


5) Valorisation du projet

Publications et communications

G. DECROP, C. DOURLENS, P. A. VIDAL-NAQUET, D. CŒUR. Les scènes locales de risque, 1997, 235pp. (également en ligne sur le site de G. DECROP)

Sommaire :
Introduction
I. L'IMPOSSIBLE SUSTANTIALISATION DU RISQUE
1. Une défense réactive
2. La logique de l'ouvrage
3. L'affichage du risque comme politique publique
II. LA METAMORPHOSE DES SCENES LOCALES DE RISQUE
1. Entre le routinier et l'incertain
2. Les moments de la négociation
2.1. La focalisation
2.2. La mobilisation
2.3. La cristallisation
III. LES MISES EN SCENE D'UN RISQUE MAJEUR : LE GLISSEMENT DE SÉCHILIENNE
1. Un risque incroyable
1.1. La culture locale du risque
1.2. Le dire d'expert et l'éclatement du cadre cognitif
2. La crise, actualisation du risque majeur
2.1. L'annonce du risque et son élaboration scientifique
2.2. Le traitement social et politique du risque ou comment inscrire une catastrophe naturelle dans le territoire
2.3. Le glissement de Séchilienne, emblème nationale du risque majeur
3. Une tentative de dénouement de la crise
3.1. Une nouvelle articulation du savoir et de l'action
3.2. La construction du raisonnable
3.3. L'élaboration du projet ou la recherche de solidarités
4. L'installation dans la crise
4.1. L'expropriation, point de départ d'une nouvelle focalisation
4.2. L'enquête publique, préalable à la DUP d'expropriation
4.3. La scène de l'expertise déstabilisée
4.4. La gestion politique du risque, au plan local et national
IV. LE QUOTIDIEN DES SCÈNES ORDINAIRES
1. La scène tranquille du Bourgeat
1.1. Une crise sous contrôle
1.2. L'avalanche et son souffle
1.3. Une scène vraiment locale
1.4. Des référentiels peu communs
1.5. L'effet de souffle est-il un risque ?
2. Magland : une négociation à bas bruit
2.1. un événement administratif
2.2. La double scène locale du risque
2.3. Des positions ambivalentes
2.4. Acteurs non convoqués
2.5 Les voies du compromis
3. Drac-Isère : Une scène routinière
3.1. Le poids de l'héritage
3.2. La redistribution du risque
3.3. Les effets de lissage
3.4. Premières mobilisations
4. la scène nucléaire : une fragile réduction du risque
4.1. La CLI de Saint-Alban : une introuvable scène de risque
4.2. La centrale nucléaire en interaction avec la société locale
4.3. L'opération iode autour de la centrale
CONCLUSION
Annexe

Pages Web

Accès au rapport final sur le site de Geneviève DECROP : www.genevieve-decrop.fr/

 

[Programme de recherche départemental]