Impacts du changement climatique sur les PHÉNOMÈNES NATURELS (ALÉAS) 3.1 CRUES DE RIVIÈRES |
Type de connaissances |
Résultats de recherche et interprétations |
Méthodes
d'observation et d'analyse |
Références |
| Reconstitutions | Alpes françaises : Cependant, pendant le Petit Age Glaciaire (PAG), des changements environnementaux majeurs (bien documentés) dans la zone d’étude étaient principalement la conséquence de changements de climat et ont formé de larges dépôts de crues dans le lac du Bourget. Jusqu’à cinq périodes de périodes froides « comme le PAG » de l’Holocène, accompagnés par une augmentation des crues du Rhône dans le lac du Bourget ont été documentés, vers 7 200, 5 200, 2 800, 1 600 et 200 an cal BP. Ces changements abrupts de climat ont été associés dans les Alpes du NO avec des avancés du glacier du Mont Blanc, des régimes glaciofluviaux durcis et des niveaux de lacs élevés. Des corrélations entre les fluctuations des niveaux des lacs européens et des précipitations hivernales, déduites à partir de fluctuations glaciaires dans l’Ouest de la Norvège suggèrent que 5 épisodes de refroidissement (pendant l’Holocène, vers les 45°N) ont été associés avec des vents d’Ouest renforcés, résultant possiblement d’un mode négatif de la NAO. |
L’évolution pendant l’Holocène de la fourniture en sédiments clastiques dans le lac du Bourget est documentée par des profils séismiques souterrains et des analyses multidisciplinaires de carottes de sédiments correctement datées. Six réflecteurs de haute amplitude dans le drapé lacustre peuvent être corrélés à des périodes de recrudescence des inter- et sous- dépôts dans les carottes de sédiments.
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Chapron & al 2005 - A |
Observations |
Alpes suisses : Des événements extrêmes comme ceux qui ont affecté la région alpine en 1987 et 1993 ont été causés par des masses d’air chaud et humides qui sont transportés depuis la Méditerranée (Sud/Sud-Ouest des Alpes) et sont bloqués par la barrière alpine lorsque l’isotherme 0°C est très élevé (au dessus de 3000 m, de nombreuses précipitations tombent alors sous forme de pluie). L’augmentation des crues extrêmes dans la zone alpine reste dans la fourchette de variabilité naturelle (comme pour les torrents de montagne) et ne peut pas être attribué uniquement aux changements climatiques. |
Bader & Kunz 2000b - R: PNR 31 | |
Europe
: Au cours de l’été boréal tardif (juillet-septembre), les conditions climatiques européennes favorisent parfois des épisodes de précipitations très intenses, comme ceux qui ont causé des inondations dans les rivières Odra (1997), Elbe (2000) et des affluents du Rhône (2002). |
Christensen & Christensen 2003 - A | ||
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Alpes
françaises : La profondeur du sol et la végétation, qu'elle soit forestière ou non, jouent un rôle bénéfique pour les crues. Après disparition de la végétation suite à un incendie, on peut s'attendre à une augmentation des débits liquides et de fait, solides. Les enseignements des bassins versants expérimentaux permettent de mieux appréhender l'évolution des phénomènes. Ainsi, suite à un incendie en 1990, la disparition du couvert végétal du petit bassin versant du Rimbaud (Var, sous-bassin du Réal Collobrier) observé par le Cemagref depuis 1967 a permis d'observer jusqu'à un triplement des pics de crue et de 30 à 40 % d'augmentation des volumes de crues. Le débit de crue décennal (avant incendie) a ainsi été dépassé plusieurs fois dans les mois qui ont suivi l'incendie. Cependant, en quelques années de reprise de la végétation après l'incendie, cet effet avait disparu. |
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Demirdijan 2004 - A | |
Monde: La plupart des observations d'un accroissement de l'intensité des précipitations concernent la gamme de 50-75 mm/jour, insuffisante pour entraîner des crues dans la plupart des cas. Il n'y a pas de preuve d'un accroissement des taux de précipitations qui déclenchent typiquement les crues (i.e. > 100 mm/j ou > 200-400 mm pendant plusieurs jours consécutifs). |
Lins 2006 - E | ||
Monde/Europe : Il faut noter que la variabilité ou le changement climatique n'est pas la seule cause possible de la variabilité ou du changement des régimes hydrologiques. L'aménagement des rivières (barrages) et les prélèvements (en particulier les prélèvements agricoles) les affectent lourdement et certaines transformations des bassins versants touchant à la nature de l'occupation des sols (urbanisation, déforestation, …) provoquent elles aussi des effets qui peuvent se révéler significatifs et rendent plus difficile encore l'expression de diagnostics de changement. |
Synthèse bibliographique | Hubert 2007 - P | |
France : Les éléments climatologiques observés (projet IMFREX) sont insuffisants pour expliquer les évolutions observées sur les extrêmes hydrométriques régionaux, notamment en raison de la forte non-linéarité de la relation pluie-température-débit. |
Lang & Renard 2007 - P | ||
Modélisations |
France : |
Comparaison de l'évolution observée des débits avec celle obtenue par une modélisation hydrologique : pour la région continentale, l'évolution des crues pluviales à partir du modèle GR4J (Perrin, 2000) et pour les Alpes, l'évolution des crues nivales à partir du modèle MORDOR (Paquet, 2004). |
Lang & Renard 2007 - P |
Hypothèses |
Alpes suisses : Il est quasiment impossible de faire le bilan précis entre les actions qui réduisent les inondations et celles qui les augmentent. Cependant, les actions de réductions des inondations ont été les plus effectives avant 1960, alors que les actions qui favorisent les inondations ont eu tendance à se multiplier depuis 1960 et sont mêmes dominantes dans les zones de basses altitudes. Le lien entre inondations et paramètres climatiques est souvent obscurci par de nombreux facteurs anthropiques |
Bader & Kunz 2000b - R: PNR 31 | |
| Vallées
de la Viège (Suisse, Valais) : On peut supposer qu'un climat plus chaud et plus humide en automne (c'est du moins le scénario habituellement admis) pourrait générer une augmentation des situations favorables au déclenchement de crues. |
Stoffel & Monbaron 2000 - P | ||
| Suisse
: Les modifications des régimes de précipitation auront un impact plus important sur les crues que la fonte de la couverture neigeuse. Les changements dans le bassin versant qui influeront sur le processus de formation de crues seront beaucoup plus lents que les changements dans le régime des précipitations. |
OcCC 2003 - R | ||
Echelle globale : Le réchauffement climatique induit par l'augmentation des gaz à effet de serre pourrait affecter les précipitations intenses de manières différentes notamment en changeant leurs fréquences, intensités et périodes de retour. Etant donné le potentiel de dégâts catastrophiques et de pertes humaines des inondations qui en résulteraient et des aléas associés, comme par exemple des coulées de boue, les dommages aux égouts, etc., de tels changements pourraient avoir des conséquences sociales importantes. |
Revue bibliographique
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Christensen & Christensen 2004 - A | |
France : De manière générale, il se confirme que l'intensification du cycle hydrologique augmenterait le risque d'inondations en hiver et au printemps, ainsi que la durée des étiages (de juin/juillet à octobre/novembre). De l'avis général des météorologues et des hydrologues, il reste impossible de faire un lien entre la multiplication des crues et le réchauffement du climat ; de nombreuses raisons anthropiques peuvent expliquer en premier lieu ces phénomènes (imperméabilisation des sols, modalités d'utilisation des terres agricoles, occupation de terrains inondables...). |
ONERC 2006 - R | ||
Alpes
/ Allemagne du Sud : Une retombée éventuelle des effets des changements climatiques est l'augmentation et l'intensification des inondations régionales comme conséquence de l'intensité accrue des précipitations et de l'accélération de la fonte des neiges au printemps, avec des conséquences de taille, surtout sur les affluents et les torrents, qui immédiatement réagissent aux précipitations. Ce phénomène concerne aussi les principales urbanisations, à cause du compactage du sol et de la taille insuffisante des systèmes de canalisations. |
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Seiler 2006 - P* |
Type de connaissances |
Résultats de recherche et interprétations |
Méthodes
d'observation et d'analyse |
Références |
| Reconstitutions | Grandes vallées alpines et leur piedmont jusqu'à la Méditerranée : Ces manifestations se font sentir dès le XIVe siècle sur le Rhône à Lyon (sous influence des apports sédimentaires de l'Ain). La métamorphose de l'Isère est plus précoce à l'aval de Grenoble (influence du Drac) qu'à l'amont de la ville plus éloignée des flux sédimentaires des hauts bassins de l'Isère et de l'Arc. Le phénomène semble atteindre son apogée au XVIIIe siècle, bien que le XIXe siècle soit connu comme un siècle à fortes crues et forte torrentialité alpine. Peut-être faut-il voir dans le relatif répit du XIXe siècle l'effet des endiguements ou simplement un retour progressif au calme après un XVIIIe siècle très actif. |
Les études de paléo-dynamique fluviale réalisées depuis une quinzaine d'années sur la base de carte anciennes et de textes ont été analysées. |
Bravard 2000 - P |
Sud de la France : La magnitude des inondations du Gard du 8 et 9 septembre 2002 est plus importante que n'importe quelle autre inondation historique connue. Des études sur les crues préhistoriques dans cette région, menées dans le cadre du projet SPHERE (Sheffer et al., 2003), révèlent cependant que plusieurs inondations extrêmes, d'ampleur encore plus grande que celle de 2002, ont eu lieu par le passé. |
Benito 2003 - P | ||
Alpes françaises - Moyenne Isère (Grésivaudan) : L'exploitation des données historiques sur les inondations de l'Isère a permis de répertorier 91 crues majeures à Grenoble. Les crues exceptionnelles sur l'Isère se concentrent toutes entre le milieu du XVIIe siècle et le milieu du XIXe siècle. La péjoration climatique dite du Petit Age Glaciaire apparaît assez nettement. C'est surtout le Drac qui est sujet à des crues importantes dès la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. L'Isère connaît une phase paroxystique entre 1730 et 1780 avec quatre crues de classe 3 puis une légère accalmie durant le premier XIXe siècle avant les années 1840-1850. La crue des 2-5 novembre 1859 correspond à la dernière grande inondation de Grenoble. |
Enquête historique approfondie [dans le cadre du programme "Historisque"] se fondant sur un Etat Général des Sources, la saisie informatique des données hydrométriques sur l'Isère et l'exploitation des sources d'archives à des fins méthodologiques. |
Lang & al 2003 - E | |
Alpes françaises, Rhône : A partir de la synthèse des changements environnementaux majeurs dans les Alpes du Nord-ouest et de la stratigraphie au lac du Bourget, qui couvre les 7500 dernières années, les périodes de fortes crues du Rhône peuvent être reliées à des changements climatiques brutaux et/ou aux activités anthropiques depuis 2700 ans BP. Au cours du Petit Age Glaciaire (PAG), les changements environnementaux majeurs du bassin versant sont essentiellement dus à des changements climatiques et ont formé les principaux dépôts de crue du Lac du Bourget. Cinq périodes froides (comparables au PAG) ont été documentées au cours de l'Holocène, elles sont datées de 7200, 5200, 2800, 1600 et 200 ans BP et ont entraîné une augmentation des inondations du Rhône dans le Lac du Bourget. Dans les Alpes du Nord-ouest, ces changements climatiques brutaux sont associés aux avancées du glacier du Mont Blanc, à des régimes glaciaires plus marqués pour les rivières et à des niveaux de lac élevés. Sur le long terme, l'augmentation de l'intensité et de la fréquence des inondations du Rhône dans le Lac du Bourget après l'optimum climatique de l'Holocène peut être attribuée, de prime abord, au « Neoglacial » survenu aux alentours de 5600 ans BP (Steig 1999). |
L'évolution de l'apport en sédiments clastiques du Rhône dans le Lac du Bourget a été documentée grâce à des profils sismiques du sous-sol et des analyses multidisciplinaires de carottes de sédiments bien identifiés. Six réflecteurs de grande amplitude dans les dépôts lacustres peuvent être corrélés avec des périodes d'augmentation de dépôts dans les carottes sédimentaires. |
Chapron & al 2005 - A | |
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Observations |
Valais suisse : Pour le moment, aucune tendance significative n'est mesurable durant ces deux dernières décennies concernant les crues, les valeurs extrêmes demeurant dans les limites statistiques d'incertitude. |
Stoffel & Monbaron 2000 - P | |
Bassin
versant du Rhône : Au cours des 15 dernières années, de sévères inondations se sont produites dans le Rhône supérieur, à l’aval de Genève (1990 était une crue centennale) et dans le Rhône inférieur (par exemple, 1993, 1994 et 2003). |
Sauquet & Haon, 2003 in Bravard 2006 - P | ||
France :
L’étude statistique des débits des rivières françaises n’a pas montré le moindre changement significatif dans le nombre et l’intensité des crues depuis le milieu d 20e siècle. Il est également impossible de confirmer le moindre changement dans les bas débits, principalement à cause de l’impact anthropique sur les rivières. |
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Lubès-Niel & Giraud 2003 ; Lang et al. 2005 in Bravard 2006 - P |
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Allemagne du Sud : Le comportement à long terme des débits les plus élevés peut être caractérisé comme suit : • En analysant des séries annuelles longues de 70 à 150 ans, la plupart des ruissellements annuels les plus élevés ne montre pas de changement significatif. • Sur les 30 dernières années, les débits les plus élevés montrent des tendances à la hausse dans de nombreuses stations. • La fréquence des inondations hivernales a augmenté depuis les années 1970 à l'exception du Sud de la Bavière. • Les débits mensuels de crue concernant les 6 mois hivernaux sont plus élevés depuis les années 1970 qu'avant. En résumé, on peut affirmer que des augmentations régionales des débits de crue ne sont détectées que pour les 30-40 dernières années dans les séries de débits examinées. |
L'examen de longues séries de mesures hydrométéorologiques et hydrologiques disponibles a été systématiquement réalisé pour les lands de Bavière et du Bade-Wurtemberg sur la base d'importants jeux de données du projet KLIWA. Les comportements à long terme des débits de crue, des débits moyens, des précipitations régionales, des précipitations intenses, de la température de l'air, de l'évaporation et de la durée de la couverture neigeuse ont été analysés pour des périodes couvrant le 20 e siècle. L'examen du comportement à long terme des débits de crue inclut la détermination de toute tendance linéaire dans les séries de débits maximaux annuels et mensuels. Les débits maximaux annuels et mensuels de 107 stations, qui présentent de longues séries d'observation depuis au moins 1931, constituent la base des recherches de tendances. En complément, 51 stations présentant des périodes d'observation plus courtes (après 1932) ont été intégrées à l'analyse. |
Hennegriff & al 2006 - A | |
Monde: Pas de changement significatif dans l'intensité des crues (ni des sécheresses). |
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Lins 2006 - E | |
Monde
: La majorité des enregistrements de maxima annuels de débits (70%) ne présentent aucune tendance statistiquement significative. La tendance des autres enregistrements se partage presque également entre croissance et décroissance. Défaut de preuves convaincantes d'une quelconque augmentation à long terme de la puissance des crues fluviales. |
Etude
des tendances des longues séries de maxima annuels de débits
de rivières sur 195 stations de jaugeage à travers le monde |
Svenson & al.2006 - P | |
| Alpes
/ Allemagne du Sud : À la fin du XXe siècle, l'intensification du mauvais temps et des phénomènes météorologiques extrêmes ont provoqué une augmentation des inondations, touchant de plus en plus de personnes. |
Seiler 2006 - P* | ||
Monde/Europe : Si certains auteurs annoncent une augmentation des débits moyens au cours du XXe siècle (Labat et al, 2004), de nombreuses études récentes consacrées à l'étude de séries instrumentales et historiques disponibles à l'échelle planétaire (Kundzewicz, 2004 ; Svensson et al., 2004 ; Svensson et al., 2006) ou régionale, en Europe centrale (Mudelsee et al., 2003) ou en France (Lang et al., 2002 ; Renard, 2006) n'ont relevé aucune tendance significative en ce qui concerne les crues et particulièrement les plus extrêmes d'entre elles et ceci même pour les très longues séries, en dépit de fluctuations climatiques avérées (Petit âge glaciaire marqué par un refroidissement du XVe au XIXe siècle). |
Synthèse bibliographique | Hubert 2007 - P | |
France : A l'échelle de la France, on ne relève pas de cohérence dans la répartition spatiale des anomalies détectées, ni d'évolution généralisée sur les débits ou les crues. Aucune tendance climatique cohérente et généralisée ne peut à ce jour être détectée sur l'évolution du régime des extrêmes hydrométriques. Des évolutions ont pu être détectées sur seulement 5 des 15 régions hydro-climatiques : • des étiages moins sévères dans les Alpes, de plus, l'onde de fonte nivale semble plus précoce dans les Alpes du Nord ; • une augmentation du module nival des stations glaciaires, accompagnée d'une précocité accrue de la date du maximum de débit de base ; • une aggravation des étiages dans les Pyrénées et le Pays Basque. Les crues pluviales semblent également en diminution dans les Pyrénées ; • une augmentation des maxima annuels dans la région du Nord-Est ; • une aggravation des crues en région océanique (Nord de la France), apparemment liée au remplissage des nappes d'accompagnement. Sur les Alpes du Nord, les changements concernent les crues nivales et les étiages. L'onde de fonte est plus précoce et le pic de fonte diminue. Les étiages sont moins sévères, avec une augmentation significative des minima annuels journaliers et une diminution significative du déficit de volume. La durée des étiages semble également décroître, mais pas de manière significative. |
Jeu de 192 longues séries de débits journaliers, en retenant les séries réputées non influencées, disposant d'au moins 40 années d'observation. Une trentaine d'échantillons a été extrait pour chaque station à partir de variables descriptives des hautes-eaux, des basses-eaux et du régime des eaux. Chaque échantillon a fait l'objet d'un test de stationnarité choisi en fonction de l'autocorrélation de la série, du type de distribution attendu et de la longueur de l'échantillon. Une série de 15 régions hydro-climatiques a été établie (Renard, 2006) en croisant une classification basée sur la saisonnalité des crues et des étiages avec un zonage pluviométrique de Météo France. La cohérence régionale a été étudiée à l'aide d'une variable régionale, à partir de la version régionale du test de Mann et Kendall (Douglas et al. 2002 et Yue et Wang 2002), ou grâce au test régional de déviance proposé par Renard. |
Lang & Renard 2007 - P | |
Alpes françaises : Sur les Alpes du Nord, les changements détectés concernent les crues nivales : l ’onde de fonte devient plus précoce, et le pic de fonte diminue. Sur les Alpes du Sud, l’onde de fonte nivale ne présente pas de changement cohérent sur les cinq stations testées. Trois stations à régime glaciaire présentent une diminution du débit de base au pic de fonte, et une augmentation assez nette du module total de la saison nivale. Ce dernier résultat est cohérent avec la récession des glaciers dans les Alpes françaises (Vincent, 2002). |
Une analyse statistique sur 200 longues séries hydrométriques a été réalisée dans le cadre d’un projet national PNRH et de la thèse de B. Renard (2006). 13 stations hydrométriques ont été étudiées sur le secteur des Alpes françaises. |
Lang 2007 - C1 | |
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Modélisations |
Monde,
bassin extratropicaux de plus de 200 000 km² : Avec un scénario 4*CO2, les changements relatifs dans les débits annuels moyens s’échelonnent entre -12% et + 76%, avec une valeur médiane de + 30%. Les changements relatifs pour les maximums mensuels décennaux sont plus bas et moins variables, avec une médiane de + 15%. Entre 1865 et 2089, le taux de crues pourrait être 2 à 8 fois plus important que la valeur des observations historiques. L’émergence récente d’une tendance positive significative dans les risques de fortes crues est consistent avec les résultats proposés par les modèles climatiques, et les modèles suggèrent que cette tendance va se poursuivre. |
Milly & al. 2002 - A | |
Isère
: |
Simulation réalisés à partir des modèles SAFRAN / MODCOU / CROCUS et du schéma de surface ISBA de Météo France |
Etchevers & Martin 2002 - P |
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Bassin
Versant du Rhône : Pour le Rhône dans son ensemble, ainsi que pour la Saône et l’Ardèche, les eaux moyennes et les étiages ont tendance à diminuer alors que les hauts débits ont tendance à augmenter. Pour la Durance, au régime nival, une diminution du pic de fonte et un moindre maigre hivernal sont observés (conclusions fortement dépendantes du scénario retenu : les crues augmentent de 12% avec le modèle du CNRM, alors qu’elles diminuent légèrement avec le modèle du LMD). |
Modélisation
hydrologique déterministe du BV et caractérisation des impacts
associés : - Détermination de 6 scénarii combinant des variables climatiques observées (données provenant de 131 stations réparties sur le bassin versant sur la période 1981-1997) avec les anomalies simulées pour les températures et précipitations. - Application des scénarii de forçage climatique à 5 modèles hydrologiques. - Comparaison des résultats entre eux et avec le régime actuel. Déduction des effets du changement climatique sur les variables physiques majeures des hydrosystèmes étudiés. |
GICC-Rhône 2005 - R | |
| Allemagne du Sud : Les résultats montrent une augmentation marquée des niveaux moyens de crue et également des écoulements extrêmes. Malgré les incertitudes des résultats de la chaîne de modèles (modèle global, modèle régional et modèles de bilan hydrique) et des hypothèses de départ, tous les résultats convergent. Après 2050, les inondations devraient s'intensifier en Bavière et dans le Bade-Wurtemberg, comme conséquence du changement climatique. [Une augmentation de la durée et de la fréquence des flux d'Ouest chargés de précipitations (en particulier des conditions de basses pressions), qui sont importantes pour les inondations hivernales, est à prévoir.] |
Dans le cadre du projet KLIWA, les données de sortie des scénarios climatiques régionaux ont été utilisées comme données d'entrées pour les modèles de bilan hydrologique afin de réaliser une évaluation des impacts du changement climatique sur les bilans hydrologiques (par exemple les relations écoulements-débits). Les modèles de bilan hydrologique basés sur LARSIM sont disponibles avec des mailles de 1 km de côté pour l'ensemble du Bade-Wurtemberg ; en Bavière, le modèle ASGi a été adapté pour les régions du Nord du Danube. La modélisation du bilan hydrologique se concentre en priorité sur les changements potentiels des écoulements, avec une prise en compte des effets des écoulements de crue. Afin d'arriver à cet objectif, les valeurs d'écoulement obtenues grâce aux modélisations ont été analysées avec la méthode des valeurs statistiques extrêmes. |
Hennegriff & al 2006 - A | |
Monde/Europe : En dépit de résultats parfois contradictoires à l'échelle régionale sur le sens de l'évolution des précipitations par exemple, tous les modèles insistent sur une probable intensification du cycle hydrologique (IPCC, 2001 ; Leblois & Margat, 2000), qui se traduirait par des crues plus accentuées en hiver et des étiages plus marqués en été. |
Synthèse bibliographique | Hubert 2007 - P | |
Rio Ridanna/Mareiter Bach (Sud Tyrol, Alpes italiennes) : L'analyse des impacts possibles du changement climatique a montré que les secteurs inondés lors d'un événement à période de retour de 30 ans dans les conditions climatiques futures (scénario + 20 %) ont une superficie plus importante que les secteurs inondés lors d'un événement à période de retour de 100 ans dans les conditions climatiques actuelles (scénario 2000). Les zones de risque présentent des évolutions remarquables avec les changements d'intensité des précipitations retenus. Dans les conditions climatiques futures, un glissement des zones jaunes (où les aléas de faibles intensités prévalent) aux zones bleues (où la construction de nouveaux bâtiments est réglementée), qui voient ainsi leur superficie augmenter de manière significative, est mis en évidence. Le glissement potentiel des zones bleues aux zones rouges (où la construction de nouveaux bâtiments est interdite) ne montrent pas de conséquences significatives pour les constructions existantes. Les dégâts attendus d'une inondation à période de retour de 30 ans (scénario +20 %) augmentent jusqu'à 1700 % (par rapport au scénario 2000). Les dégâts attendus d'une inondation à période de retour de 100 ans augmentent jusqu'à 207 % et jusqu'à 117 % pour un événement à période de retour de 200 ans. |
Sur la base d'un examen de la littérature, une augmentation possible de 20 % (d'ici 2050-2100) de l'intensité des précipitations pour chaque événement de référence (périodes de retour de 30, 100, 200 ans) a été retenue. Le bassin du Rio Ridanna/Mareiter Bach se trouve au nord de la Région. La superficie du bassin versant est de 210 km2. Ce secteur est un exemple représentatif d'une rivière alpine avec un potentiel de risque pour les installations humaines. Pour l'évaluation de la situation de risque inondation actuel, cette procédure a été suivie : - analyses statistiques des séries de précipitations des stations situées dans le secteur d'étude et calcul des caractéristiques des précipitations pour les scénarios d'aléas avec des périodes de retour de 30, 100 et 200 ans; - préparation et calibrage du modèle précipitations-écoulements; - simulation du processus d'inondation pour chaque période de retour; - délimitation des zones de risque sur la carte; - analyse des bâtiments exposées. L'analyse statistique des séries de précipitations est basée sur les stations de mesure de Ridanna/Ridnaun. Les valeurs des épisodes pluvieux d'une durée de 24 heures avec des périodes de retour de 30, 100 et 200 ans ont été calculées. Pour les débits, le modèle précipitations-écoulements Hec-HMS et le SCSapproach ont été utilisés. Pour la simulation du processus d'inondation, le modèle de simulation SOBEK de WL Delft Hydraulics a été utilisé. |
Staffler & al. 2008 - A | |
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Hypothèses |
Europe : Comme les glaciers fondent progressivement, leur volume de fonte se réduit et à long terme cette compensation des débits pourrait disparaître ; les débits passeraient alors en dessous des niveaux actuels. La période de compensation dépendra surtout de la taille du glacier et du taux de fonte. Plus le glacier est petit et plus sa fonte est rapide, et plus la réduction des débits estivaux sera rapide. La fréquence des étiages
devrait augmenter à travers la plupart de l’Europe, bien
que dans certaines zones où les minimums correspondent à
la période hivernale, la magnitude absolue des étiages pourrait
augmenter à cause de l’augmentation des débits hivernaux :
la saison des étiages se décalerait vers l’été.
Les inondations et les sécheresses devraient devenir plus fréquentes
dans les zones de montagne. La saisonnalité des débits changerait
fortement à cause des perturbations de la couverture neigeuse.
Aux plus hautes altitudes, la distribution des débits pendant l’année
changerait peu. |
IPCC
2001 - R |
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Europe :
Même si les étés deviennent plus secs, l’incidence des fortes précipitations sur les crues estivales pourrait augmenter. |
Christensen & Christensen 2003 - A | ||
Suisse :
Le risque majeur apparent est lié à l’augmentation du risque de crues. Si les crues hivernales qui surviennent en Suisse ont une influence négative sur les pays en aval, ces pays doivent demander à la Suisse d’améliorer la rétention d’eau dans les lacs et réservoirs suisses, avec des accords politiques préalables. |
Schädler, 2003 in Bravard 2006 - P | ||
Bassin
versant du Rhône : Les crues importantes qui sont survenues dans le Rhône inférieur et supérieur au cours des 15 dernières années peuvent faire partie d’un cycle de hauts débits comme de nombreux cycles observés dans le passé. Il peut également s’agir d’un premier signal du climat vers des pics de crue plus important. De toute façon, ces crues révèlent la forte vulnérabilité de la vallée du Rhône aux crues. |
Sauquet & Haon, 2003 in Bravard 2006 - P | ||
Monde
/ Suisse : Les changements climatiques vont avoir un impact (données qualitatives sur l'évolution disponibles) sur les crues (accélération des débits hivernaux, augmentation de l'intensité des fortes précipitations). |
OcCC 2003 - R | ||
Europe/France : En France, des crues plus fréquentes et plus accentuées en hiver et des étiages plus marqués en été sont à attendre (MIES, 2000). Petit (2001) rappelle que « l'Europe du Sud et l'Europe arctique sont plus vulnérables que le reste. En particulier, en été, le ruissellement, l'eau disponible et l'humidité du sol décroîtront en Europe du Sud, augmentant d'autant sa vulnérabilité actuelle à la sécheresse. En revanche, en hiver, un accroissement de ces mêmes quantités devrait affecter le Nord et le Sud ; le risque de crues catastrophiques des rivières augmentera vraisemblablement. » |
ONERC 2005 - R | ||
Europe : La vulnérabilité aux inondations semble avoir augmenté à cause de l'occupation des plaines inondables par de plus en plus de gens et par les ouvrages techniques, mais également à cause des inondations particulièrement sévères qui ont touché de nombreuses régions au cours des années 1990 et au début des années 2000 (Mitchell, 2003). Par conséquent, la question centrale est de savoir dans quelle mesure les inondations à venir peuvent être exacerbées par le changement climatique. |
Goudie 2006 - A | ||
France : De manière générale, il se confirme que l'intensification du cycle hydrologique augmenterait le risque d'inondations en hiver et au printemps, ainsi que la durée des étiages (de juin/juillet à octobre/novembre). |
ONERC 2006 - R | ||
Alpes
/ Allemagne du Sud : Une retombée éventuelle des effets des changements climatiques est l'augmentation et l'intensification des inondations régionales comme conséquence de l'intensité accrue des précipitations et de l'accélération de la fonte des neiges au printemps, avec des conséquences de taille, surtout sur les affluents et les torrents, qui immédiatement réagissent aux précipitations. Ce phénomène concerne aussi les principales urbanisations, à cause du compactage du sol et de la taille insuffisante des systèmes de canalisations. |
Seiler 2006 - P* |
Type de connaissances |
Résultats de recherche et interprétations |
Méthodes
d'observation et d'analyse |
Références |
| Reconstitutions | Alpes suisses :
Au cours des 500 dernières années, il y a eu 2 périodes avec très peu d'inondations : 1641-1706 et 1927-1975, et 2 périodes avec une forte activité inondation : 1550-1580 et 1827-1875. Ces constats sont basés sur les « comptes rendus de dommages » et ne reflètent pas nécessairement la tendance de l'aléa en tant que tel. Au cours de la période 1641-1706, la région alpine dans son ensemble a été épargnée par les inondations importantes, même le Lac Majeur n'a pas débordé. Vu les résultats similaires obtenus pour toutes les régions, cela ne peut s'expliquer par une lacune dans les données, mais plutôt par une pause dans le cycle des inondations. Cette pause coïncide avec le « minimum de Maunder », une phase de réduction de l'activité solaire. La période 1827-1875 est marquée par une forte augmentation de l'activité inondation à la suite d'une série d'automnes extrêmement humides. Le Lac Majeur a débordé tous les 4 ans durant cette période. La diminution de l'activité inondation entre 1927 et 1975 est probablement à relier aux aménagements et mesures de protection mis en place. Le nombre d'inondations est de nouveau en augmentation après 1975. La tendance générale pour la période 1800-2000 est à la hausse annuelle concernant les dommages dus aux inondations. Cela s'explique par une augmentation des aléas potentiels. L'augmentation de la fréquence des inondations extrêmes dans les Alpes reste cependant dans les limites de la variabilité naturelle (comme pour les aléas torrentiels) et ne peut être attribuée au seul changement climatique. |
Les événements enregistrés dans l'inventaire des derniers siècles n'ont été décrits qu'en termes de dégâts causés aux biens privés ou publics. Les informations ont été collectées à partir de descriptions des événements passés, d'archives, de monographies ou d'observations variées pour la période 1800-1995. |
Bader & Kunz 2000b - R: PNR31 |
Rhin
(Europe Centrale): On observe des variations importantes des crues du Rhin ; celles-ci ont été rares entre 1641 et 1706 et entre 1882 et 1994. Par contre, une période de fortes crues du Rhin et d'inondations dans l'ensemble du domaine alpin suisse s'est manifestée entre 1828 et 1876 : les 6 crues "extrêmes" enregistrées entre 1808 et 1994 sont survenues entre 1817 et 1882, à l'exception de celle de mai 1994. Au total, il a été possible d'établir la fréquence des crues mensuelles extrêmes et sévères du Rhin à Bâle pour la période 1500-1994 : juillet arrive en première position à cause de la conjonction d'épisodes pluvieux intenses et de la fonte des neiges alpines ; décembre suit en seconde position avec des crues imputables à des pluies frontales persistantes par flux de SW, associées à une fonte rapide de la neige à moyenne altitude. La rareté des fortes crues pendant plus de 110 ans à partir de 1882 peut s'expliquer en partie par une modification des conditions météorologique synoptiques, notamment par une fréquence plus élevée des anticyclones de blocage en été. Des épisodes de fortes inondations au cours des siècles passés ont été reconnus au Tessin. Une période plutôt peu épargnée ressort nettement entre 1927 et 1975. La recrudescence des crues de fin d'été et d'automne à partir de 1975 sur le versant sud des Alpes semble s'inscrire dans le cadre de la variabilité naturelle ; il est prématuré d'y voir des effets anthropiques. |
Une
typologie objective des crues a été établie en fonction
de 4 niveaux d'ampleur des dommages et de trois catégories d'extension
spatiale (locale, régionale et interrégionale). Les données
sur les crues les plus graves survenues en Suisse depuis le 16e siècle
ont été collectées et adaptées, après
avoir été confrontées, pour les deux derniers siècles,
aux mesures précises de hauteur d'eau du Rhin à Rheinfelden
et de plusieurs grands lacs comme les lacs Majeurs et Léman, en
utilisant les qualificatifs de "fort" et "extrême"
pour des valeurs-seuils d'écart types issus des séries 1901-1960.
|
Paul 2002 - A | |
Alpes françaises - Moyenne Isère (Grésivaudan) : Selon la chronologie qualitative des crues de l'Isère sur la période 1600-1950 établie suivant trois classes d'événements, les huit plus forts événements connus sont relatifs aux années 1651, 1673, 1711, 1733, 1740, 1764, 1778 et 1859. L'exploitation des données historiques sur les inondations de l'Isère a permis de répertorier 91 crues majeures à Grenoble. Les crues exceptionnelles sur l'Isère se concentrent toutes entre le milieu du XVIIe siècle et le milieu du XIXe siècle. La péjoration climatique dite du Petit Age Glaciaire apparaît assez nettement. C'est surtout le Drac qui est sujet à des crues importantes dès la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. L'Isère connaît une phase paroxystique entre 1730 et 1780 avec quatre crues de classe 3 puis une légère accalmie durant le premier XIXe siècle avant les années 1840-1850. La crue des 2-5 novembre 1859 correspond à la dernière grande inondation de Grenoble. |
Enquête historique approfondie [dans le cadre du programme "Historisque"] se fondant sur un Etat Général des Sources, la saisie informatique des données hydrométriques sur l'Isère et l'exploitation des sources d'archives à des fins méthodologiques. L'exploitation des données historiques sur les inondations de l'Isère a permis de répertorier 91 crues majeures à Grenoble (cotes disponibles sur la période 1600-1950), dont certaines ont fait l'objet d'une estimation du débit de crue. Trois classes d'événements ont été établies avant tout à partir d'éléments qualitatifs selon le degré d'endommagement des infrastructures et de modification géomorphologique du lit: 1 - « Faibles à moyens » 2 - « Grands à très grands » 3 - « Exceptionnels » |
Lang & al 2003 - E | |
| Alpes
: Au cours des 500 dernières années, dans les Alpes suisses, il y au deux périodes avec peu d’inondations : 1641-1706 et 1927-1975 et deux périodes avec de nombreux épisodes d’inondations : 1550-1580 et 1827-1875. Les inondations semblent à nouveau être en augmentation depuis 1975. La tendance générale est une augmentation annuelle des dommages causés par les inondations depuis 1800. Ceci s’explique par une augmentation de la vulnérabilité des enjeux. Il n'y a pas eu de crues extrêmes sur le versant Nord des Alpes de 1882 à 1992. La fréquence des inondations extrêmes a augmenté sur les quinze dernières années, comparée à la moyenne du 20e siècle (août 1987, septembre 1993 et octobre 2000). Il n'y a pas eu de crues extrêmes sur le versant Nord des Alpes de 1882 à 1992. |
De
tels inventaires sont basés sur des « rapports de dommages
» et ne reflètent certainement pas une tendance pour l’aléa
inondation en lui-même. Par exemple, la réduction du nombre
d’inondations entre 1927 et 1975 est possiblement liée aux
mesures de planification et de prévention mises en place.
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OcCC 2003 - R | |
Rhône – Alpes françaises : |
L'évolution de la fourniture en sédiments clastiques du Rhône dans le Lac du Bourget a été documentée grâce à des profils sismiques du sous-sol et des analyses multidisciplinaires de carottes de sédiments bien identifiés. Six réflecteurs de grande amplitude dans les dépôts lacustres peuvent être corrélés avec des périodes d'augmentation de dépôts dans les carottes sédimentaires. |
Chapron & al 2005 - A | |
Suisse : Une phase de forte activité inondation a été observée après 1827 et jusqu'à la fin du 19e siècle dans les principaux cours d'eau suisses. Après 1835 (et jusque dans les années 1890), de considérables cumuls de précipitations moyennes ont été relevé dans les Alpes suisses en été et en automne. De faibles fréquences d'inondation ont été enregistrées entre 1927 et 1975. |
Données d'archive sur les inondations survenues entre juin et octobre. |
Stoffel & al. 2005a - A | |
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Observations |
Tessin
et vallées de la Viège (Suisse, Valais) :
Le nombre de crues et d'inondations semble avoir augmenté de manière significative au Tessin durant ces deux dernières décennies (1978, 1987, 1993, 1994). Dans la région d'étude, plus à l'abri des précipitations mais influencée par le même régime pluviométrique, une évolution semblable peut être constatée. Pour le moment, aucune tendance significative n'est mesurable, les valeurs extrêmes demeurant dans les limites statistiques d'incertitude. |
Stoffel & Monbaron 2000 - P | |
Alpes:
La recrudescence des crues de fin d'été et d'automne à partir de 1975 sur le versant sud des Alpes semble s'inscrire dans le cadre de la variabilité naturelle ; il est prématuré d'y voir des effets anthropiques. Mais il serait intéressant d'examiner si la fréquence plus élevée des événements catastrophiques postérieurs à 1994 contribue à infirmer cette remarque. D'ailleurs, des travaux de recherche récents portant sur 133 stations suisses mettent en évidence pour l'ensemble de la Suisse une augmentation sensible depuis 1973 du nombre de jours de précipitations abondantes (> 50 mm/jour), pouvant s'expliquer par une recrudescence de certaines situations cycloniques (Fallot, 2000). |
- Typologie des crues établie en fonction
de 4 niveaux d'ampleur des dommages et de trois catégories d'extension
spatiale (locale, régionale et interrégionale). - Collecte et adaptation des données sur les crues les plus graves survenues en Suisse depuis le 16e siècle, après confrontation, pour les deux derniers siècles, aux mesures précises de hauteur d'eau du Rhin à Rheinfelden et de plusieurs grands lacs comme les lacs Majeurs et Léman, en utilisant les qualificatifs de "fort" et "extrême" pour des valeurs-seuils d'écart types issus des séries 1901-1960. |
Paul 2002 - A | |
| Monde / bassin extratropicaux de plus de 200 000 km² : La fréquence des grandes crues a augmenté de manière substantielle au cours du 20e siècle (1865-1999). La fréquence des crues avec des périodes de retour inférieures à 100 ans n’a pas augmenté de manière significative. |
Milly & al. 2002 - A | ||
Europe du Sud : Actuellement, aucune tendance significative n'a été détectée dans les données historiques (annuelles, saisonnières ou journalières) de pluies et de débits de cent ans et plus en France, en Europe de l'Ouest et dans d'autres pays. Dans les bassins de l'Ebre, du Rhône et du Pô et les bassins versants des rivières le long des côtes espagnoles, françaises et italiennes concernées par les crues éclaire, des événements catastrophiques de crues éclaire sont survenus très irrégulièrement au cours des derniers siècles (succession de périodes à forte et à faible concentrations de crues). Dans les Cévennes par exemple, le nombre de crues éclaire observées a été de 10 pour le 18 e siècle, de 26 pour le 19 e et 14 pour le 20 e siècle. |
Duband 2003 - P | ||
France : L’étude statistique des débits des rivières françaises n’a pas montré le moindre changement significatif dans le nombre et l’intensité des crues depuis le milieu d 20e siècle. Il est également impossible de confirmer le moindre changement dans les bas débits, principalement à cause de l’impact anthropique sur les rivières. |
Lubès-Niel & Giraud 2003 ; Lang et al. 2005 in Bravard 2006 - P |
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Alpes
: Il n'y a pas eu de crues extrêmes sur le versant Nord des Alpes de 1882 à 1992. La fréquences des inondations extrêmes a augmenté sur les quinze dernières années, comparée à la moyenne du 20e siècle (août 1987, septembre 1993 et octobre 2000). |
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OcCC 2003 - R | |
| Monde
: Pas de changement significatif - d'après les données d'observation - dans la fréquence ou l'intensité des crues (ni des sécheresses). La plupart des observations d'un accroissement de l'intensité des précipitations concernent la gamme de 50-75 mm/jour, insuffisante pour entraîner des crues dans la plupart des cas. Il n'y a pas de preuve d'un accroissement des taux de précipitations qui déclenchent typiquement les crues (i.e. > 100 mm/j ou > 200-400 mm pendant plusieurs jours consécutifs). |
Lins 2006 - E | ||
Monde/Europe : De nombreuses études récentes consacrées à l'étude de séries instrumentales et historiques disponibles à l'échelle planétaire (Kundzewicz, 2004 ; Svensson et al., 2004 ; Svensson et al., 2006) ou régionale, en Europe centrale (Mudelsee et al., 2003) ou en France (Lang et al., 2002 ; Renard, 2006) n'ont relevé aucune tendance significative en ce qui concerne les crues et particulièrement les plus extrêmes d'entre elles et ceci même pour les très longues séries, en dépit de fluctuations climatiques avérées (Petit âge glaciaire marqué par un refroidissement du XVe au XIXe siècle). |
Synthèse bibliographique | Hubert 2007 - P | |
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Modélisations |
Monde / bassin extratropicaux de plus de 200 000 km² : |
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Milly & al. 2002 - A |
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Hypothèses |
Vallées
de la Viège (Suisse, Valais) : Concernant les crues et inondations, on peut supposer qu'un climat plus chaud et plus humide en automne (c'est du moins le scénario habituellement admis) pourrait générer une augmentation des situations favorables au déclenchement de crues. |
Stoffel & Monbaron 2000 - P | |
| Monde : Les étiages vont généralement augmenter pour la plupart de l’Europe, bien que dans certains territoires où les minimums se produisent en hiver, la magnitude absolue des étiages pourrait augmenter car les débits hivernaux devraient augmenter. Une des implications des changements simulés de débits est que les risques de crues des rivières devraient augmenter sur la plupart de l’Europe […]. Les crues et les sècheresses vont certainement devenir plus fréquentes dans les régions de montagne. |
IPCC
2001 - R |
||
Europe du Sud : On peut toujours considérer l'hypothèse raisonnable de la distribution pseudo stationnaire des pluies extrêmes et de l'aléa inondation comme raisonnable pour les 20 ou 40 prochaines années, en référence aux siècles derniers. Toutefois, nous sommes conscients qu'un changement climatique global peut survenir dans la deuxième moitié du 21e siècle. |
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Duband 2003 - P | |
| Suisse : Les fleuves de dimensions moyennes et grandes connaîtront davantage de crues en raison de précipitations plus importantes et de la transformation en pluie de la neige tombant sur le Plateau et dans les Préalpes. Les modifications attendues dépassent parfois nettement les fluctuations naturelles observées jusqu’ici. Il est donc fort probable que la société les percevra clairement. |
OcCC 2003 in Frei & Widmer 2007 - E | ||
Monde
/ Suisse : |
OcCC 2003 - R | ||
Echelle globale : Le réchauffement climatique induit par l'augmentation des gaz à effet de serre pourrait affecter les précipitations intenses de manières différentes notamment en changeant leurs fréquences, intensités et périodes de retour. Etant donné le potentiel de dégâts catastrophiques et de pertes humaines des inondations qui en résulteraient et des aléas associés, comme par exemple des coulées de boue, les dommages aux égouts, etc., de tels changements pourraient avoir des conséquences sociales importantes. |
Revue bibliographique
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Christensen & Christensen 2004 - A | |
| France : En France, des crues plus fréquentes et plus accentuées en hiver et des étiages plus marqués en été sont à attendre (MIES, 2000). |
ONERC 2005 - R | ||
Alpes / Allemagne du Sud : Une retombée éventuelle des effets des changements climatiques est l'augmentation et l'intensification des inondations régionales comme conséquence de l'intensité accrue des précipitations et de l'accélération de la fonte des neiges au printemps, avec des conséquences de taille, surtout sur les affluents et les torrents, qui immédiatement réagissent aux précipitations. Ce phénomène concerne aussi les principales urbanisations, à cause du compactage du sol et de la taille insuffisante des systèmes de canalisations. |
Seiler 2006 - P* |
Type de connaissances |
Résultats de recherche et interprétations |
Méthodes
d'observation et d'analyse |
Références |
| Reconstitutions | Suisse:
Saisonnalité des crues mensuelles extrêmes et sévères du Rhin à Bâle pour la période 1500-1994 : juillet arrive en première position à cause de la conjonction d'épisodes pluvieux intenses et de la fonte des neiges alpines ; décembre suit en seconde position avec des crues imputables à des pluies frontales persistantes par flux de SW, associées à une fonte rapide de la neige à moyenne altitude. |
Les données sur les crues les plus graves survenues en Suisse depuis
le 16e siècle ont été collectées et adaptées,
après avoir été confrontées, pour les deux
derniers siècles, aux mesures précises de hauteur d'eau
du Rhin à Rheinfelden et de plusieurs grands lacs comme les lacs
Majeurs et Léman, en utilisant les qualificatifs de "fort"
et "extrême" pour des valeurs-seuils d'écart types
issus des séries 1901-1960. |
Paul 2002 - A |
| Observations |
Alpes : Des événements extrêmes comme ceux qui ont affecté la région alpine en 1987 et 1993 se sont produits à la fin de l’été et de l’automne. |
Bader & Kunz, 2000b - R: PNR 31 | |
Bassins de l'Ebre, du Rhône et du Pô : |
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Duband 2003 - P | |
France : Des évolutions ont pu être détectées sur seulement 5 des 15 régions hydro-climatiques : • des étiages moins sévères dans les Alpes, de plus, l'onde de fonte nivale semble plus précoce dans les Alpes du Nord ; • une augmentation du module nival des stations glaciaires, accompagnée d'une précocité accrue de la date du maximum de débit de base. |
Jeu de 192 longues séries de débits journaliers, en retenant les séries réputées non influencées, disposant d'au moins 40 années d'observation. Une série de 15 régions hydro-climatiques a été établie (Renard, 2006) en croisant une classification basée sur la saisonnalité des crues et des étiages avec un zonage pluviométrique de Météo France. |
Lang & Renard 2007 - P | |
|
Modélisations |
Alpes
françaises : Les débits dans le bassin versant de l’Isère augmenteraient significativement en automne et en hiver et diminueraient sensiblement en été. Les débits printaniers se produiraient un mois plus tôt, leur amplitude resterait constante ou diminuerait (10 à 25%) suivant les scénarios. |
Etchevers et Martin 2002 - P | |
Bassin
Versant du Rhône : Les écoulements sont susceptibles de diminuer de mai à novembre, mais l'évolution hivernale dépend du scénario retenu. La diminution de l'écoulement printanier, conséquence de la diminution de la composante nivale, est la conclusion la plus nette qui a été tirée de l'étude. La fonte du manteau neigeux se produisant plus tôt et les précipitations neigeuses diminuant, les forts débits printaniers sont généralement réduits et apparaissent 1 mois plus tôt. Les débits hivernaux augmentent sensiblement (davantage de pluies) alors que les débits estivaux sont réduits de 50% (assèchement plus marqué des sols). Ces tendances générales sont reproduites par tous les scénarii, à des degrés divers. |
Modélisation
hydrologique déterministe du BV et caractérisation des impacts
associés. |
GICC-Rhône 2005 - R | |
|
Hypothèses |
Monde :
Les étiages vont généralement augmenter pour la plupart de l'Europe, bien que dans certains territoires où les minimums se produisent en hiver, la magnitude absolue des étiages pourrait augmenter car les débits hivernaux devraient augmenter. Une des implications des changements simulés de débits est que les risques de crues des rivières devraient augmenter sur la plupart de l'Europe [...]. Les crues et les sècheresses vont certainement devenir plus fréquentes dans les régions de montagne. |
IPCC
2001 - R |
|
Suisse : Les périodes dépourvues de crues en raison de basses températures seront plus courtes. |
OcCC 2003 - R | ||
France : De manière générale, il se confirme que l'intensification du cycle hydrologique augmenterait le risque d'inondations en hiver et au printemps, ainsi que la durée des étiages (de juin/juillet à octobre/novembre). |
ONERC 2006 - R |
Type de connaissances |
Résultats de recherche et interprétations |
Méthodes
d'observation et d'analyse |
Références |
| Reconstitutions | |||
Observations |
|
||
Modélisations |
|||
Hypothèses |
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Retours
d'expérience
|
Objectifs |
Etat
d'avancement /enseignements |
Références |
En
1995, le gouvernement français a lancé une étude
appelée "Étude Globale du Rhône", combinant
les sujets de l'hydraulique, du transport de sédiments et de l'occupation
des sols, comme ces différentes thématiques ont été
r |