Référence
bibliographique complète |
JOMELLI V., DÉQUÉ M., BRUNSTEIN D., GRANCHER D. Probabilité d'occurrence des coulées de débris de versant dans les Alpes françaises au XXIème siècle estimées à partir des sorties du modèle climatique ARPEGE. Géomorphologie 93, 2007, 2001-212. |
Mots-clés |
Coulées de débris, modèles statistiques, scénarios climatiques, simulations, massif des Ecrins |
|
Organisme
/ Contacts |
IRD, UR Great Ice, Maison des Sciences de l'Eau, 300 avenue Jeanbrau, 34000 Montpellier. jomelli@msem.univ-montp2.fr |
| (1)
- Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s) |
(2)
- Elément(s) du milieu impacté(s) |
(3)
- Type(s) d'aléa impacté(s) |
(3)
- Sous-type(s) d'aléa |
Températures, précipitations |
Aléas torrentiels | Coulées de débris |
Pays
/ Zone |
Massif
/ Secteur |
Site(s) d'étude |
Exposition |
Altitude |
Période(s)
d'observation |
Alpes françaises |
Massif des Ecrins (45°00’ N, 6°30’ E) |
1600-2500 m |
1961-2005 |
(1)
- Modifications des paramètres atmosphériques |
|
| Reconstitutions | |
| Observations |
Une augmentation significative des pluies
d'été dont l'intensité est supérieure ou égale
à 30mm/j a été constatée depuis ces 20 dernières
années, combinée à une réduction significative
du nombre de jours de gel. |
| Modélisations |
La comparaison des
valeurs du climat présent simulé à celles issues
du scénario 2CO2 donnent les résultats suivants : les
températures diurnes maximales d'hiver s’élèvent
davantage pour les minima (6°C à -10°C contre 3°C à
20°C). Au printemps, le réchauffement est uniforme de 4°C.
En été, il atteint 5°C, voire 6°C au delà
de 30°C. En automne, il se situe entre 3°C et 4°C. Les températures
minimales d'hiver ont un comportement similaire au maximales : élévation
de 10°C à -20°C contre 3°C pour les températures
positives. Pour les autres saisons, le réchauffement est indépendant
de la température observée : 3°C au printemps et en
automne, 4°C en été. La conséquence de ce réchauffement
est une diminution significative du nombre de jours de gel. En hiver et en automne les précipitations augmentent, surtout les fortes précipitations (30 mm par jour deviennent 45 mm par jour) tandis qu’elles n'augmentent pas de manière significative au printemps. En été, l’évolution est plus complexe : pour des valeurs quotidiennes inférieures ou égales à 50 mm par jour, le nombre de jours pluvieux diminue tandis qu'au-delà de ce seuil, ils augmentent. La vraisemblance de l’augmentation des précipitations supérieures à 50 mm par jour en été peut être largement discutée, cette situation n’étant observée ni dans la réalité, ni dans le climat actuel simulé. |
| Hypothèses |
|
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
Les données météorologiques journalières non homogénéisées (température moyenne, minimale et maximale, précipitations mesurées par 24h depuis 1961) proviennent de trois stations météo situées autour du massif des Écrins : La Salette (1770 m), Monétier-les-Bains (1490 m) et Saint Christophe en Oisans (1570 m). |
| (2)
- Impacts du changement climatique sur le milieu naturel |
|
| Reconstitutions | |
| Observations |
|
| Modélisations |
|
Hypothèses |
|
Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques |
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
| (3)
- Impacts du changement climatique sur l'aléa |
|
| Reconstitutions | |
| Observations |
Dans le Massif des Écrins,
Jomelli et al. (2004-2006) ont observé une remonté de la
zone de déclenchement des coulées de débris entre
1952 et 2000. A basse altitude (< 2200m) le nombre et la fréquence
de coulées de débris de moins de 400m de longueur ont diminué
sensiblement depuis les années 1980 tandis qu'aucune variation
significative n'a été observée aux altitudes plus
élevées (> 2200m). Parallèlement, une augmentation
significative des pluies d'été dont l'intensité est
supérieure ou égale à 30mm/j a été
constatée depuis ces 20 dernières années, combinée
à une réduction significative du nombre de jours de gel. |
| Modélisations |
Les modèles de
probabilités de déclenchement à partir de données
observées pour la période actuelle ont permis de dégager
des informations essentielles sur la nature des variables qui interviennent
de manière significative dans le déclenchement des coulées
de débris dans le massif des Écrins. Seules les précipitations
extrêmes estivales (15/06-15/10) supérieures à 20
mm par jour sont significatives. Cette variable est significative pour
un risque d’erreur de 1% avec 76,3% de prévisions correctes.
La comparaison des probabilités de déclenchements entre l’état actuel simulé et l’état futur simulé donne des résultats surprenants. Le critère retenu est le nombre d’années associé à une valeur de probabilité d’observer au moins 3 déclenchements. Sur la période 1960-1999 et avec Actu1, 15 années dépassent le seuil de probabilité de 0,7 d’observer au moins 3 déclenchements, soit 37% des cas. Sur la période 2070-2100 et avec Futu1, ce nombre d’années n’est plus que de 5 pour un même seuil de probabilité, soit 15% des cas. Cette baisse est encore plus marquée pour certaines combinaisons. En comparant les résultats des modèles de probabilité entre Actu2 et Futu2 on observe une diminution de 30,2%. |
| Hypothèses |
|
Paramètre de l'aléa |
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques |
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
| Fréquence des coulées de débris | Précipitations intenses |
Création d'un modèle statistique d’occurrence annuelle des coulées de débris à partir de séries météorologiques observées. Un nouveau modèle a ensuite été réalisé à partir de séries météorologiques simulées pour la période actuelle et a été comparé aux observations. Enfin, ce modèle basé sur le climat simulé a été contraint, en utilisant des séries météorologiques simulées pour le XXIe siècle, afin d’évaluer l’augmentation ou la baisse de l’occurrence des coulées de débris dans le futur. La base de données des coulées de débris a été constituée à partir d’observations de 133 coulées sélectionnées dans dix vallées creusées dans des granites. Leur zone de départ est située à une altitude comprise entre 1600 et 2500 m. La datation de leur déclenchement repose sur la combinaison de quatre méthodes : analyse les photographies aériennes (prises entre 1952-2000) et de documents historiques, combinée à des observations de terrain effectuées annuellement depuis 1995. La dendrochronologie a également été utilisée. Les débris mobilisés par les coulées retenues pour cette étude sont uniquement liés à la gélifraction. Les probabilités de déclenchement annuelles du processus à l’échelle du massif ont été calculées, en ne retenant comme variable explicative que des paramètres météorologiques. Le stock de débris accumulé (autre variable) a été estimé à partir du nombre de jours durant lesquels se produit une alternance gel-dégel. 35 variables indépendantes ont été testées (poids des précipitations annuelles, saisonnières ou mensuelles, cumul des précipitations durant 3, 4, 5, et 10 jours consécutifs, nombre de jours entre le 15/06 et le 15/10 avec des précipitations supérieures à 20, 30 et 35 mm…). |
(4) - Remarques générales |
|
|
(5)
- Syntèses et préconisations |
JOMELLI. V, PECH. P, CHOCHILLON. C, BRUNSTEIN. D - Geomorphic variations of debris flows and recent climatic change in the French Alps. Climatic Change, 2004, vol 64, p 77-102. [Fiche biblio]
JOMELLI. V, BRUNSTEIN. D, GRANCHER. D, PECH. P – Is the response of hillslope debris flows to recent climatic change univocal? A case study in the Massif des Ecrins (French Alps). Climatic Change, 2006. sous presse. [Fiche biblio]