Réf. Legay et Mortier 2006 - A
Référence
bibliographique complète |
LEGAY, M. MORTIER, F. La forêt face au changement climatique : adapter la gestion forestière - Prise en compte dans les documents d'orientation de la gestion forestière. Synthèse de l'atelier ONF/INRA du 20 octobre 2005. Les Dossiers Forestiers, 2005, N°16. |
| Mots-clés |
Forêts, impacts écologiques, impacts sur la productivité, modification des aires de répartitions, gestion forestière, stratégie d'adaptation |
Organismes / Contact |
INRA / ONF |
| (1)
- Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s) |
(2)
- Elément(s) du milieu impacté(s) |
(3)
- Type(s) d'aléa impacté(s) |
(3)
- Sous-type(s) d'aléa |
| Températures Précipitations |
Forêt / végétation | Feux de forêt |
Pays
/ Zone |
Massif
/ Secteur |
Site(s) d'étude |
Exposition |
Altitude |
Période(s)
d'observation |
| France métropolitaine | Plaine et étage collinéen | XXe siècle |
(1) - Modifications des paramètres atmosphériques |
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Reconstitutions |
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Observations |
Sur la période 1900 - 2000, la France a connu une augmentation significative des températures minimales et maximales, entraînant une augmentation de la demande évaporative. |
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Modélisations |
Le scénario B2 conduit aux résultats suivants pour l'évolution du climat au cours du XXIe siècle : - augmentation générale des températures, en particulier estivales et dans le Sud de la France jusque + 4 °C ; - changement du régime des précipitations : diminution en période de végétation et augmentation en période de repos végétatif. |
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Hypothèses |
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Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
Dans le projet CARBOFOR, le scénario B2 a été retenu parce qu'il repose sur des hypothèses modérées d'évolution et rend bien compte, lorsqu'il est utilisé rétrospectivement, de l'évolution observée sur la période 1960 - 2000. |
| (2)
- Effets du changement climatique sur le milieu naturel |
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| Reconstitutions | |
| Observations |
La sécheresse de 2003 est la plus grave qu'aient connus les peuplements feuillus depuis 1950. Elle se traduit déjà par un pic de mortalité sans précédent depuis 1989 dans les observations du réseau européen (16 km x 16 km). Impacts écologiques généraux Changements de productivité constatés Zoom sur le hêtre : Modification observées des aires de répartition |
| Modélisations |
Modélisation
des changements de productivité au XXIe siècle Les modélisations de répartition des espèces montrent une forte progression des groupes méditerranéens et atlantique, et une régression des espèces montagnardes. |
| Hypothèses |
Selon le scénario B2 (GIEC), il y aurait une forte aggravation du stress hydrique, plus précisément par une augmentation de l'intensité moyenne de la contrainte hydrique en période de végétation, mais aussi du stress hydrique maximum et de la fréquence des stress. Ainsi les sécheresses s'aggraveraient significativement dans le Sud de la France dès 2040, puis dans le Nord à partir de 2070. En même temps les contraintes liées à l'excès d'eau hivernal dans les stations hydromorphes devraient également s'accroître. Modification des aires de répartition
potentielles - Scénarios d'évolution aux horizons 2050 et
2100 Modification des interactions entre espèces
: le cas des insectes et pathogènes Ainsi, une augmentation même minime de la température tend à accélérer les processus physiologiques, en permettant un développement plus rapide des insectes, l'augmentation du nombre de génératiqns par saison, l'augmentation des déplacements, et en réduisant la mortalité due aux facteurs abiotiques : par exemple, avec une augmentation des températures hivernales et printanières de 2°C, on prévoit d'observer 4 à 5 générations supplémentaires par an pour certains pucerons (Harrington et al., 2001). Mais les effets du réchauffement ne peuvent être considérés à partir de simples moyennes globales et vont se différencier selon la saison et le cycle biologique des insectes. Impacts potentiels du réchauffement estival - les plantes-hôtes elles-mêmes peuvent être affectées: par exemple leur affaiblissement par la sécheresse peut diminuer leur résistance aux insectes ou pathogènes. Ainsi l'émergence de Sphaeropsis sapinea (champignon pathogène des pins) en Europe au cours des 20 dernières années a pu être facilitée par des stress répétés : sécheresse ou problèmes de nutrition lié à des excès d'azote d'origine anthropique. Enfin, les relations mêmes entre insectes et plante-hôte
peuvent être modifiées. |
Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques |
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
| Modification des aires de répartition potentielles | L'aire d'un certain nombre d'espèces forestières, caractérisée par la présence ou l'absence de ces espèces dans les relevés IFN, a pu être modélisée à partir de variables de description des sols (issues de la BD sol), de variables climatiques provenant du modèle AURELHY (Météo France), et de l'ETP (évapotranspiration potentielle) calculée à partir d'images SATMOS (Météo France). Les espèces prises en considération ont été regroupées par affinités biogéographiques en groupes chorologiques. Le remplacement des données climatiques actuelles par les données prévues par le scénario climatique (modèle Arpège) en 2050 et 2100 a permis de modéliser le déplacement des aires potentielles. |
| (3)
- Effets du changement climatique sur l'aléa |
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| Reconstitutions | |
| Observations |
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| Modélisations |
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| Hypothèses |
Les résultats
de la recherche indiquent qu'à court terme le risque d'incendie
va s'étendre vers le Nord dans des zones où il n'existait
pas traditionnellement, ou alors de façon marginale, comme les
plaines du Centre et du quart Nord-Est de la France. Outre les modifications
climatiques directes (sécheresse estivale, canicule...) qui augmentent
le risque d'incendie, leurs conséquences (actions des ravageurs,
dépérissements, tempêtes) peuvent augmenter considérablement
le volume de combustible sec au sol et sur pied Jusqu'à plusieurs
tonnes/ha. Une attention particulière est à porter aux
peuplements résineux de plaine et du collinéen. |
Paramètre de l'aléa |
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques |
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
(4) - Remarques générales |
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(5)
- Syntèses et préconisations
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Destinataires : Praticiens forestiers (gestionnaires : ONF) et chercheurs (INRA, Cemagref) :
Synthèse pour prise en compte dans les documents d'orientations pour
l'élaboration des directives régionales d'aménagement (DRA) pour les forêts domaniales et des schéma régionaux d'aménagement (SRA) pour les forêts des collectivités. Il s'agit maintenant de faire un diagnostic précis, spatialisé, par espèce, à l'échelle des peuplements (et pas seulement des arbres pris individuellement), en confrontant les évolutions constatées de la productivité à celles des facteurs incriminés. Ces approches débouchent in fine sur des outils de simulation utiles à la gestion. Un certain nombre de mesures sont proposées, avec le souci de ne pas confondre anticipation et précipitation, et de mettre à profit la plasticité, la résistance et la résilience des écosystèmes : 1 - identifier les couples essences x stations forestières à risques, en valorisant l'acquis des catalogues de stations et en élaborant des modèles de caractérisation des stations, dont certains sont déjà en cours de développement ; 2 - préserver les sols en limitant le tassement par les engins forestiers (cloisonnements d'exploitation, développement du câble-mat...) et en préservant leur fertilité (maintien de rémanents en forêt, amendements possibles...) ; 3 - choisir des matériels de reproduction adaptés en limitant les essences principales à leur optimum stationnel, en respectant les provenances et en favorisant le mélange des essences ; 4 - renouveler les peuplements forestiers par régénération naturelle, dont les atouts sont nombreux (forte diversité génétique intra-population, adaptation in situ, résistance des jeunes peuplements au stress hydrique.. .), ou par plantation, en respectant alors l'adéquation station x essence x provenance ; 5 - gérer activement les ressources génétiques, tant pour les espèces indigènes (respecter les provenances, connaître les adaptations locales, favoriser le brassage inter-peuplements à courte et moyenne distances.. .), que pour les espèces introduites, naturalisées ou améliorées (choix de provenances adaptées, évolution des critères de sélection...) ; 6 - dynamiser les sylvicultures en diminuant la surface foliaire par réduction de la surface terrière pour améliorer la résistance au stress hydrique, selon un rythme adapté à l'état et l'âge des peuplements forestiers ; 7 - reconsidérer les critères d'exploitabilité en réduisant l'âge voire les diamètres de récolte en fonction de la dynamisation des sylvicultures, des augmentations de productivité, de la nécessité de réduire la prise de risques vis à vis des aléas climatiques et de la demande du marché ; 8 - maintenir et favoriser la biodiversité qui est un atout pour l'adaptation des écosystèmes forestiers (îlots de vieux bois, corridors écologiques, génie écologique) et développer une définition évolutive du bon état de conservation des habitats naturels ; 9 - maintenir et renforcer les réseaux d'observation de la forêt (nationaux et locaux) ; 10 - développer la culture de gestion de crise (dépérissements, ravageurs, incendies, chablis) et l'améliorer grâce au retour d'expériences. Enfin, sept grandes questions et besoins de connaissance des praticiens forestiers sont identifiés : - disposer d'informations régionalisées sur le changement climatique ; - ausculter de façon objective l'évolution des écosystèmes forestiers ; - identifier les stations à risques ; - élaborer des modèles de croissance prenant en compte explicitement les variables climatiques et édaphiques ; - élaborer des modèles de sylvicultures économes vis à vis de la gestion de l'eau et améliorant la résistance et la résilience des peuplements forestiers ; - améliorer le diagnostic et la gestion des dépérissements ; - améliorer les connaissances sur les conséquences des dépérissements et des bioagresseurs sur la qualité technologique des bois, afin de mieux anticiper les décisions de gestion et de valoriser au mieux les produits. |