Référence
bibliographique complète |
PAUL P.
Reconstitution d'anomalies de paramètres climatiques et de fréquences de catastrophes naturelles (crues, sécheresses, tempêtes) au cours des 500 dernières années en Europe Centrale. La Houille Blanche, N° 6/7, 2002, 111-114. |
| Mots-clés |
Paramètres climatiques, reconstitution, anomalies, catastrophes naturelles, fréquence, crues, tempêtes, avalanches, Europe Centrale |
Organismes / Contact |
| Faculté de géographie et d'aménagement, Université Louis Pasteur, Strasbourg. |
| (1)
- Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s) |
(2)
- Elément(s) du milieu impacté(s) |
(3)
- Type(s) d'aléa impacté(s) |
(3)
- Sous-type(s) d'aléa |
| Champs de pression / circulation atmosphérique, températures, précipitations | Crues, tempêtes, avalanches |
Pays
/ Zone |
Massif
/ Secteur |
Site(s) d'étude |
Exposition |
Altitude |
Période(s)
d'observation |
| Europe Centrale | Alpes Centrales | 500 dernières années |
(1)
- Modifications des paramètres atmosphériques |
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| Reconstitutions | Depuis environ 3000 ans,
les conditions climatiques ont relativement peu évolué,
hormis la variabilité naturelle du climat. Les températures
moyennes séculaires ne semblent pas avoir présenté
des écarts dépassant 1°C par rapport à la deuxième
moitié du 20e siècle (Berger, 1992 ; Mann, 2001). Cependant,
les longues chroniques historiques révèlent des fluctuations
aléatoires et des tendances plus ou moins prolongées au
cours des 500 dernières années (Mann, 2001). Quant aux anomalies automnales, elles se manifestent par une alternance de périodes froides et chaudes, qui tendent à s'équilibrer jusqu'au milieu du 18e siècle. Ensuite, les mois froids d'automne dominent avec de fortes anomalies qui surviennent une à trois fois par décennie jusqu'en 1935. Ensuite, les moids d'automne doux et secs deviennent plus fréquents, mais depuis 1986, on observe des anomalies à la fois chaudes et humides, ce qui ne s'était encore jamais produit aussi nettement au cours des 500 dernières années. Au total, aux échelles mensuelle, saisonnière et annuelle, on retrouve dans le passé la forte variabilité interdécennale du climat que l'on connaît depuis le début des mesures des instruments météorologiques. |
| Observations |
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| Modélisations |
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| Hypothèses |
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Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
Evaluation des anomalies de température et de précipitation à l'aide d'indices à partir des séries continues et validées de Bâle (depuis 1756) et de Genève (depuis 1768) utilisées par Pfister (1998, 1999) dans sa reconstitution spatio-temporelle des anomalies météorologiques et des catastrophes naturelles. Pour les précipitations, dont la variabilité spatiale est plus grande, il a été possible de disposer d'un plus grand nombre de stations et de regrouper les résultats par régions homogènes après une critique minutieuse des données brutes remontant au 19e siècle. La détermination des anomalies de température et de précipitation est fondée sur des écarts mensuels importants par rapport aux valeurs moyennes de la période 1901-1960. Pour les années antérieures aux mesures instrumentales, c'est-à-dire avant 1755, une évaluation critique de la fiabilité des diverses sources documentaires (dates du début des vendanges, gel des lacs en hiver, etc.) a été réalisée. Ainsi, des indices mensuels ont été définis à partir de données historiques objectives et synthétiques. Il s'agit de valeurs en pourcentages de l'écart-type par rapport à la moyenne de la période 1901-1960. Les mois ont ainsi été classés selon 7 indices allant de + 3 (+ 180 %) à - 3 (-180 %), c'est-à-dire de la classe extrêmement chaude à la classe extrêmement froide, ou bien, pour les précipitations de la classe extrêmement arrosée à la catégorie extrêmement sèche. Par ailleurs, une base de données des conditions météorologiques, établie par Pfister, remonte à 1496 avec une reconstitution de la configuration générale du champ de pression mensuel au sol. |
| (2)
- Effets du changement climatique sur le milieu naturel |
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| Reconstitutions | |
| Observations |
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| Modélisations |
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| Hypothèses |
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Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques |
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
| (3)
- Effets du changement climatique sur l'aléa |
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| Reconstitutions | Grandes crues (événements extrêmes ou de
forte intensité qui ont causé des dégâts
importants au patrimoine privé ou public) : On observe des variations importantes des crues du Rhin ; celles-ci ont été rares entre 1641 et 1706 et entre 1882 et 1994. Par contre, une période de fortes crues du Rhin et d'inondations dans l'ensemble du domaine alpin suisse s'est manifestée entre 1828 et 1876 : les 6 crues "extrêmes" enregistrées entre 1808 et 1994 sont survenues entre 1817 et 1882, à l'exception de celle de mai 1994. Au total, il a été possible d'établir la fréquence des crues mensuelles extrêmes et sévères du Rhin à Bâle pour la période 1500-1994 : juillet arrive en première position à cause de la conjonction d'épisodes pluvieux intenses et de la fonte des neiges alpines ; décembre suit en seconde position avec des crues imputables à des pluies frontales persistantes par flux de SW, associées à une fonte rapide de la neige à moyenne altitude. La rareté des fortes crues pendant plus de 110 ans à partir de 1882 peut s'expliquer en partie par une modification des conditions météorologique synoptiques, notamment par une fréquence plus élevée des anticyclones de blocage en été. Des épisodes de fortes inondations au cours des siècles passés ont été reconnus au Tessin. Tempêtes : La reconstitution des tempêtes destructrices au cours des 500 dernières années sur le Plateau suisse montre qu'elles surviennent avec un intervalle moyen de 15 ans environ. Mais, des variations importantes sont observées : aucune tempête sévère n'est survenue entre 1562 et 1605 et une pause encore plus longue est apparue entre 1787 et 1841. Néanmoins, chaque siècle a été marqué par une violente tempête et on en dénombre au moins trois au 20e siècle (février 1967, février 1990 et décembre 1999). Avalanches : Des périodes de fortes avalanches ont été identifiées [au cours des 500 dernières années] ; elles correspondent à une fréquence élevée d'hivers humides et froids, notamment autour de 1720 et de 1775 à 1817. Différentes situations météorologiques peuvent être assez facilement identifiées aux dates précises des sinistres : situations perturbées de NW, flux de Sud, chutes de pluie et de neige mouillée par flux de SW sur le versant méridional des Alpes, etc. |
| Observations |
Une période
plutôt peu épargnée ressort nettement entre 1927
et 1975. La recrudescence des crues de fin d'été et d'automne
à partir de 1975 sur le versant sud des Alpes semble s'inscrire
dans le cadre de la variabilité naturelle ; il est prématuré
d'y voir des effets anthropiques. Mais il serait intéressant
d'examiner si la fréquence plus élevée des événements
catastrophiques postérieurs à 1994 contribue à
infirmer cette remarque. D'ailleurs, des travaux de recherche récents
portant sur 133 stations suisses mettent en évidence pour l'ensemble
de la Suisse une augmentation sensible depuis 1973 du nombre de jours
de précipitations abondantes (> 50 mm/jour), pouvant s'expliquer
par une recrudescence de certaines situations cycloniques (Fallot, 2000). |
| Modélisations |
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| Hypothèses |
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Paramètre de l'aléa |
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques |
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.) |
| Fréquence des crues, des tempêtes et des avalanches | Anomalies de paramètres climatiques affectant les températures et les précipitations pendant des durées variables. |
Grandes crues : Tempêtes : Avalanches : |
(4) - Remarques générales |
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(5)
- Syntèses et préconisations
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La mise au point de méthodes de calage des données reconstituées à des séries de mesures climatiques fiables récentes permet une meilleure reconnaissance des séquences chaudes ou froides et des épisodes de sécheresse ou de crues qui se sont succédées au cours des 500 dernières années. On peut ainsi mettre en évidence des fluctuations climatiques aléatoires et des tendances dont la prise en compte pourrait contribuer à rendre plus réaliste les évaluations probabilistes concernant les longues durées de retour de phénomènes extrêmes naturels qui déclenchent des catastrophes naturelles contemporaines. Le transfert de tels résultats aiderait les aménageurs et les décideurs à mieux connaître les risques naturels encourus par les populations et à disposer d'informations pertinentes dans des politiques de préservation de l'environnement régional et local. Enfin, l'établissement de séries d'indices climatiques plus nombreuses et cohérentes pour les périodes historiques antérieures aux mesures instrumentales aiderait à mieux discerner si les évènements climatiques extrêmes peuvent s'expliquer par la variabilité naturelle du climat ou s'il y a, dans une proportion plus ou moins grande, des tendances récentes liées aux changements globaux contemporains. |
Références citées (extrait) :
BERGER A. (1992) - Le climat de la Terre, De Boeck, Bruxelles, 479 p.
FALLOT J.M. (2000) - « Evolution du nombre de jours avec des précipitations abondantes en Suisse durant le 20" siècle », Publ. Ass. Int. Clim., 13, 100-109.
LE ROY LADURIE E. (1967) - Histoire du climat depuis l'an Mil, Paris, Flammarion, 376 p.
MANN M. E. (2001) -« Climate during the past millennium ", Weather, 56, 91-102.
PFISTER C.. (1988) – “Variations in the spring-summer climate of Central Europe from the high middle ages to 1850” :in: Long and Short Term Variability of Climate, H. Wanner and U. Siegenthaler [Ed.], Springer, Berlin, 57-82.
PFISTER C. (1998) - Raum-zeitliche Rekonstruktion von Witterungsanomalien und Naturkatastrophen 1496-1995, VDF, Zurich, 140 p.
PFISTER C. (1999) – « Le puzzle climatique des historiens », La Recherche, n' 321, vol. 29, 64-68. i
WANNER H. et al. (1995) – “Wintertime European Circulation Patterns during the Late Maunder Minimum [1675-1704] Cooling Period”, Theoretical and Applied Climatology, 51, 167-175.